mardi 26 mai 2026

'Paris attendra' d'Ezin Pierre Dognon ou l'écriture affranchie des codes



Quand on a terminé la lecture de 'Paris attendra', on est assez chamboulé et pensif. Le destin du protagoniste pourrait être le notre, on s'identifie à lui, en prison (injustement) à Abidjan, écrivant à sa dulcinée à Paris, Samira. 

Ce roman se lit assez vite, d'une grande fluidité, d'une grande nervosité dans l'écriture, mélangée à un certain humour noir. Et puis surprise, au milieu, trois pages publicitaires, ce qu'on appelle le narrative placement. Il fallait y penser. Après tout, quand on regarde la télévision, ou même des émissions sur youtube, il y a toujours l'instant pub, ça fait partie de la vie, en soi  ce n'est pas 'sale'. 

'Paris attendra' est un objet hybride et il faut tout le talent de son auteur, Ezin Pierre Dognon (connu aussi sous le nom de Myster Ezin, slameur de renom) et surtout l'expérience de l'écriture (il s'agit là de son quatrième roman) pour parvenir à un résultat qui montre comment l'auteur a ingurgité les codes de la littérature...pour mieux s'en affranchir. Et ça comme on dit au Gabon : il a fait fort.

 




 

samedi 5 juillet 2025

#avignon Info culture : 'CECI N'EST PAS L'AFRIQUE', 22/07/25, Théâtre de l'Incongru, Festival Off d'Avignon (lectures)










 #avignon Info culture : 'CECI N'EST PAS L'AFRIQUE', 22/07/25, Théâtre de l'Incongru, Festival Off d'Avignon (lectures)

Jann Halexander et Indy alternent entre lecture d'extraits du roman culte 'Ceci n'est pas l'Afrique' et chansons. Partage des mots, des notes...
En 2010 paraissait le roman 'Ceci n'est pas l'Afrique' de l'écrivaine Anne-Cécile Makosso-Akendengué, chez l'Harmattan. Un récit devenu culte au fil des années, bouleversant les clichés sur le Gabon et l'Afrique en général, avec poésie, humour et mélancolie.
Une femme française mariée à un gabonais y racontait ses années passées à Libreville. Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, son fils, le chanteur Jann Halexander alterne entre lectures d'extraits du roman et chansons, aux côtés du comédien Indy pour une date exceptionnelle. Le public ainsi (re)découvre le Gabon, pays étonnant, plein de paradoxes, riche de surprises.
CECI N'EST PAS L'AFRIQUE
Avec Jann Halexander et Indy
Théâtre de l'Incongru
56 Rue de la Bonneterie
84000 Avignon
Réserver : 06.16.13.98.32 / billetreduc / weezevent
10 euros tarif réservation
12 euros tarif sur place
22 juillet 2025
10h
En savoir +
Jann Halexander est une personnalité de la francophonie. Né au Gabon, il a appris le piano très jeune. Depuis 2003, l'artiste a donné plus de 300 concerts (France, Belgique, Allemagne, Canada) dans des salles variées, du Café de la Danse au Théâtre Michel et a vendu des milliers d'albums, dvd, livres dans le monde. Il est cité dans de nombreux ouvrages. Son style est un mélange de variété et de cabaret. Il chante le voyage, la différence, les passions amoureuses, la famille. Ses chansons les plus connues : 'C'était à Port-Gentil', 'A Table', 'Rester par Habitude', 'Le poisson dans mon assiette'.
Anne-Cécile Makosso-Akendengué, est une écrivaine, artiste et ancienne enseignante française. Elle a passé une vingtaine d'années au Gabon, pays de son époux, où elle a enseigné la philosophie dans un lycée de Libreville et le piano dans une école de musique privée. Actuellement, elle réside à Angers, où elle travaille comme disquaire. Elle est connue pour ses œuvres littéraires, notamment son récit Ceci n'est pas l'Afrique (2010, L'Harmattan), qui relate ses expériences au Gabon avec humour et poésie, défiant les clichés sur l'Afrique. Ce livre a connu un succès d'estime et est devenu une référence.
Information communiquée
par
PS Agency
Paris

lundi 23 décembre 2024

Fêtes de Noël : 'Ceci n'est pas l'Afrique 2' d'Anne-Cécile Makosso-Akendengué

 



'Ceci n’est pas l’Afrique 2', deuxième volume de 'Ceci n’est pas l’Afrique, souvenirs d’une Française au Gabon' publié en 2010 chez l’Harmattan, en reprend le thème principal. L’auteur, Anne-Cécile Makosso-Akendengué, y décrit certains aspects de sa vie quotidienne entre 1981 et 2001 à Libreville où elle enseignait la philosophie dans un grand lycée de la ville. Elle enseignait aussi le piano dans une école de musique privée. Mariée, mère de deux enfants, elle est aussi témoin de faits ordinaires, complètement anecdotiques ou pas.


A travers ses souvenirs c’est aussi de l’histoire récente du Gabon qu’elle parle, de ses divers soubresauts, des épisodes qui ont définitivement marqué le pays. Le livre n’est pas seulement le récit d’une vie, c’est un témoignage.



Anne-Cécile Makosso-Akendengué née Frébeau a vécu à Libreville au Gabon pendant 20 ans. Elle y a enseigné la philosophie dans un lycée public et le piano dans une école privée. De retour en France où elle vit aujourd’hui, elle a travaillé comme disquaire. Elle a publié 'Ceci n’est pas l’Afrique' en 2010 aux Editions l’Harmattan, elle publie aujourd’hui le second volume de ses souvenirs.


2007 - 'Mathilde et son pianiste ' Les 2encres


2010 - 'Ceci n’est pas l’Afrique ' L’Harmattan


2019 - 'Louisette s’invite à notre table ' L’Harmattan


2020- 'Promenades à Angers' Le Lys Bleu


Disponible sur Amazon.fr en version brochée et en version physique

lundi 15 juillet 2024

Un peu de joie dans une période incertaine : 'J' Adore Paris' de Jacky M.

 


Les mots d'Anne-Cécile Makosso-Akendengué sur le spectacle 'Ceci n'est pas l'Afrique 2'

 Merci aux artistes Ben Nodji, Jann Halexander, Cécile Goguely, Indy, Cheryl Itanda, Charlotte Grenat, Kissila Kay, Jacky M qui ont lu des passages de mon livre 'Ceci n'est pas l'Afrique 2' à l'Atelier du Verbe le 29 juin dernier. Fierté et gratitude. Merci au guitariste Pablo Krantz également.


Anne-Cécile Makosso-Akendengué













mardi 26 septembre 2023

Tita Nzebi de retour au 360 Paris Music Factory !

 


Cette grande dame de la chanson gabonaise n'était pas revenue sur une vraie scène parisienne digne de ce nom depuis 2021. Alors autant dire que les franciliens peuvent être heureux. Ces derniers temps, la chanteuse à qui l'on doit de beaux titres comme 'La caravane passe', 'Bangu', 'L'ma kane' avait beaucoup tourné en province, notamment en Bretagne où tous ses concerts attirent du monde. Et c'est accompagnée de ses musiciens et d'une première partie avec le slameur Tat Koumb, que la chanteuse illuminera pour la seconde fois la scène de la grande salle du 360 Paris Music Factory.


Rendez-vous le 30 septembre !





dimanche 2 juillet 2023

Entretien avec Lionel Cédrick Ikogou-Renamy, auteur de 'Les économies occultes de l'or blanc au Gabon'

 



Au cours des dernières décennies, on observe en période électorale au Gabon, une recrudescence de la découverte de corps d'hommes ou de femmes délestés de leurs organes génitaux ou de cimetières profanés pour collecter des organes humains (crânes, langues, cheveux, coeurs, tibias, fémurs, phalanges, foies, poumons, sexes, testicules, clitoris, etc.). Ces organes humains aussi appelés "or blanc" servent à fabriquer des fétiches et de puissantes amulettes et permettraient de garantir les succès électoraux et le maintien ou l'acquisition de postes politiques. C'est l'objet de l'ouvrage  'Les économies occultes de l'or blanc au Gabon' Lionel Ikogou-Renamy qui a accepté de nous accorder un entretien. 

Merci, Lionel Ikogou-Renamy, de nous accorder un entretien. Vous avez rédigé l'ouvrage 'Les économies occultes de l'or blanc du Gabon' paru l'année dernière chez l'Harmattan. Vous y analysez le commerce des organes humains dans la société contemporaine gabonaise, qu'est-ce qui  vous a conduit à aborder ce sujet aussi explosif ? 

Merci pour l'intérêt que vous me portez. Ce qui m'a conduit à aborder ce sujet au point d'écrire un livre, c'est un constat. Premièrement j'ai habité à proximité des cimetières et j'ai toujours eu la possibilité de m'y balader, et observer régulièrement des casses de sépultures sans faire de rapprochement avec une période de la vie sociale. Cette proximité avec la "place des morts" a agi comme un catalyseur et lorsque j'ai eu cette occasion en année de Licence de Sociologie à l'université de Libreville, lors des propositions des sujets de recherche, j'ai soumis le sujet qui a vu l'approbation du directeur de recherche (Joseph Tonda)... 

Deuxio, le constat des profanations des tombes en période électorale au Gabon m'a davantage conforté dans ce choix car j'ai trouvé cela nouveau et intéressant

Votre ouvrage contient plus de 400 pages. Combien d'années de recherche ont été nécessaires pour mener à bien  ce travail ambitieux ? 

Cette recherche de 400 pages est le fruit de 6 annéesde recherche au département de Sociologie de l'université de Libreville, de l'année de licence de Sociologie en 2007, à son aboutissement heureux le 28 avril 2014 avec la soutenance de thèse de doctorat dans la formation doctorale des sciences sociales option Anthropologie africaine. C'est donc ce long cumul d'une recherche passionnante qui a abouti plus tard à la sortie de mon livre. Je note aussi qu'au Gabon, la recherche, est souvent très pénible, absence de sources informatives, objets d études délicats, l'omerta etc., pour ne citer que ces exemples, mais j'ai surmonté ces difficultés parce que j'ai cette impression d'un terrain quasi inexploré...

Avant vous, la question du commerce des organes humaines n'avait fait l'objet d'une véritable étude  digne de ce nom. Comment l'expliquez-vous ? Uniquement par la question du tabou ? Et avez-vous été menacé ? 

Sur cette question, il y a un fort travail du tabou, la force de l'imaginaire collectif y est aussi pour beaucoup... D'ailleurs à ce propos je suis tout à fait d accord avec le philosophe Sénèque qui rappelle que "nous souffrons de l'imagination plus que de la réalité"...

En 2012, j'ai été victime des menaces téléphoniques de mort, puis ça été le tour de ma mère, ce qui m'a fait prendre conscience de la dangerosité de cette recherche... Établir le rapport entre les profanations des tombes et les périodes électorales au Gabon, c'est osé... Surtout dans un pays où les services de renseignements travaillent... J'ai donc usé de prudence, d' ailleurs ce qui m'a emmené à proposer ce titre évocateur des "économies occultes de l'or blanc au Gabon"... Au final, cette forte métaphore illustre bien cette collusion au Gabon entre le pouvoir politique et l'usage de la mort...

Quelle a été la réception de votre travail au Gabon et à l'international ? 

Mon travail n'est pas bien perçu au plan local, "je m'attaque" d'après certains à nos mœurs et il n'est pas coutume de le faire. Que les choses soient claires, je ne juge personne, j'étudie de façon objective les effets des croyances et imaginaires, mieux leur impact sur les pratiques sociales, comment nous concevons la mort et notre rapport à elle. Au plan international, avec la publication du livre, je profite pour remercier (Joseph Tonda, Florence Bernault, Roberto Bénédicte, Noé Michalon) tous ceux qui ne ménagent aucun effort afin de promouvoir l'ouvrage...

Où en êtes-vous en 2023 dans votre parcours professionnel ? La publication de votre ouvrage a t-elle eu un impact sur votre vie ? 

Je poursuis mes recherches, je publie des articles dans de grandes revues internationales et un 2e ouvrage est en gestation... Professionnellement j'enseigne la philosophie dans les lycées parce qu'à l université, et comme par hasard, je n'ai pas pu avoir un poste malgré plusieurs tentatives de candidature jusque là infructueuses depuis 2014... Publier cet ouvrage a eu un impact plutôt positif sur moi car je ne perçois plus la mort de la même façon; j'ai davantage de respect pour elle, côtoyer la place des morts m'a rendu encore plus humble car, comme le disait Socrate, "je sais une chose, c'est que je ne sais rien"....


Merci 

Ouvrage disponible en librairies et sur amazon, fnac.com, decitre.com.